Coupe nationale de futsal (Huitième de finale) – “Ce match sera une fête, un événement pour la ville et notre club” : savoure Mounir Gagui, le capitaine de La Cuatro, avant le choc face à Laval.
Écrit par notre journaliste Mathieu Péan le 11 mars 2026.
Samedi prochain, la Cuatro de Houilles, leader de Régional 1, défie l’Etoile Lavalloise, demi-finaliste de la Ligue des Champions, en huitième de finale de la Coupe nationale. Un choc historique pour le club des Yvelines. Pour cette occasion, le capitaine Mounir Gagui s’est confié à notre micro pour évoquer ce choc face au champion de France en titre et aborder la montée tout en revenant sur les faits marquants de sa carrière.
Le choc face à l’Étoile Lavalloise : l’équivalent d’un Houilles-PSG

Mathieu Péan : Dans quel état êtes-vous au moment d’affronter l’Etoile Lavalloise, demi-finaliste de la Ligue des Champions, champion de France et triple tenant du titre de la Coupe nationale ?
Mounir Gagui : Avec l’Etoile Lavalloise, nous avons tiré le gros lot ! Ce match sera une fête, un événement pour la ville et notre club. Pour nous, en tant que joueur, c’est l’équivalent d’affronter le Paris Saint-Germain au football à onze. J’ignore s’il y’a une préparation idéale pour cette rencontre.
En revanche, notre équipe fera tout son possible pour créer l’exploit et se qualifier pour le tour suivant. Faut savoir qu’il y’a deux ans, nous avions déjà été en huitièmes de finale de Coupe nationale (éliminé par le Kremlin-Bicêtre).
La gestion du doublé Coupe-Championnat : la force du collectif
M. P : En parallèle, le club brille également en Régional 1 avec une place de leader devant le Paris XIV futsal. Comment gérez-vous les deux compétitions ?
M. G : La gestion se passe à merveille car notre effectif est large. Chaque année, on garde quasiment le même effectif avec les mêmes éléments, en soudant des liens forts entre nous, au-delà même des parquets. Comme par exemple manger ensemble.
La priorité reste le championnat, car la coupe reste un bonus dans notre saison. Nous sommes des compétiteurs. On ne peut plus se cacher, parce que le club a pris énormément d’ampleur en Ile-de-France. Chaque saison, c’est de monter obligatoirement et d’atteindre soit les huitièmes, soit les quarts de finale de la Coupe nationale. Ce sont des objectifs fixés par le Président. Pour l’instant, tous les voyants sont au vert.
Un capitaine au service de la performance
M. P : Vous avez rejoint La Cuatro en août 2023 au sein de laquelle vous êtes devenu capitaine. Quel type de capitaine êtes-vous au quotidien avec vos coéquipiers ?
M. G : Avec mes coéquipiers, je suis un vrai compétiteur avec énormément d’exigences pour les aider, les soutenir, les encourager, en particulier les plus jeunes. J’ai une âme de leader avec un rôle de capitaine que j’ai depuis longtemps maintenant. Néanmoins, je n’ai pas besoin d’un brassard pour montrer mon leadership.
M. P : Et qu’est-ce qui vous a motivé à rejoindre les rangs du club ?
M. G : J’ai quitté mon ancien club de futsal où j’avais tout vu, tout remporté. À l’époque, j’avais besoin d’un nouveau défi dans ma carrière. Le projet sportif m’a de suite attiré, car ça ressemblait à celui de mon ancien club de Marcouville. Quand on m’a recruté, les dirigeants m’ont parlé d’un projet ambitieux sur trois ans avec un objectif clair : amener la Cuatro au niveau national. C’est la troisième année et pour l’instant, c’est en excellente route. J’y ai cru et pour l’instant, c’est un choix payant.
Les secrets de la réussite de La Cuatro : défense de fer et attaque de feu
M. P : La preuve avec plusieurs montées consécutives. Et surtout, avec respectivement la meilleure défense et la meilleure attaque du championnat avec 92 buts inscrits. Qu’est-ce qui fonctionne particulièrement dans cette équipe ?
M. G : Quand je suis arrivé, le club évoluait en Régional 3 et pour l’instant, ça fait trois montées consécutives que nous réalisons. Le but c’est de monter en D2 et d’en réaliser une quatrième d’affilée. En cas de montée, ça sera la cinquième pour le club (créé en 2021) et ma troisième.
Le coach s’est basé sur la défense parce que les éléments offensifs, nous les avons. Notre équipe a les capacités pour se créer des occasions durant les matchs. Sauf que cet été, on a davantage travaillé sur un bloc défensif pour s’adapter aux exigences de la Régional 1. Car c’est un championnat exigeant et très physique.
Futsal vs Football à onze : l’analyse d’un joueur polyvalent
M. P : Votre parcours est atypique, passé par le football amateur, les divisions inférieures avec un passage en D1 avec le club de Marcouville City. Par votre expérience, votre vécu, quelles différences faites-vous entre le futsal et le football à onze contre onze ?
M. G : En ce qui me concerne, faut savoir que je continue toujours le football en district. J’allie les deux. Même s’il y’a des ressemblances, ils ont des règles bien distinctes. Au football à onze, j’ai joué avec Cergy Pontoise en Régional 1 où nous sommes partis de District.
La différence se joue davantage avec la tête en futsal qu’au football. C’est plus rapide, nous touchons plus de ballons. Alors qu’au football à onze, le temps est plus long et il arrive d’avoir des matchs où nous n’avons pas la possession. Pour ma part, le meilleur reste à onze, même si ces dernières années, le futsal prend de plus en plus d’envergure.
“Ces dernières années, le futsal prend de plus en plus d’envergure”
De La Cuatro à la King’s League de Gérard Piqué
M. P : En 2025, les internautes ont également pu vous apercevoir à la King’s League où vous avez brillé avec l’équipe de Karasu (3 buts et 3 passes dé). Comment en êtes-vous arrivée à participer à une telle compétition créée par Gérard Piqué ?
M. G : C’est du bouche à oreille. Par l’intermédiaire du futsal, les sélectionneurs de l’équipe de Karasu m’ont téléphoné. Je ne connaissais pas la King’s League, parce qu’il fallait faire une draft comme en NBA avec notamment des détections. Finalement, je me suis retrouvé à jouer les cinq premiers matchs.
Malgré un carton rouge, je me suis senti épanoui dans le tournoi avec une place de finaliste. Le principal avantage, c’est ce mélange entre du football à huit et du futsal avec beaucoup d’espaces réduits. En plus d’une préparation indispensable, durant les matchs, il faut savoir analyser et jouer vite.
Expertise tactique : les qualités d’un bon ailier et pivot en futsal
M. P : Votre poste préférentiel est celui de pivot ou d’ailier. Selon vous, quelles sont les qualités nécessaires pour être un excellent ailier ou pivot ?
M. G : Au futsal, faut savoir que le meneur de jeu doit être hyper polyvalent. C’est-à-dire, capable à la fois, de voir tout et de défendre sur tout. C’est une sorte de guide.
Pour ma part, je joue principalement sur le côté et devant. Avec ces deux postes, il faut être très technique, capable de faire un contrôle, puis une passe de qualité. Deux aspects très importants dans le futsal. Tout en étant ultra mobile pour éliminer son adversaire en un contre un notamment.
M. P : Pour terminer, sur le plan individuel, quels sont vos objectifs ?
M. G : Avec mon vécu, mon expérience de cette division, le club s’appuie sur moi pour aider mes coéquipiers. Je ne suis pas magicien, je ne peux pas le faire tout seul, je le ferai avec mes coéquipiers, j’y contribue que ça soit sur ou en dehors du terrain. À 36 ans, ça reste l’un de mes derniers objectifs dans le sport.
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Basé en région parisienne, journaliste notamment pour Media Futsal, j’ai une particularité pour le terrain, la photographie, les réactions d’après-match avec une spécialité pour les clubs d’Ile de France.

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